Ce que l'on ne ferait pas pour une amie... - Kevin Sikes

Mon blogue

Ce que l'on ne ferait pas pour une amie...

Ce que l'on ne ferait pas pour une amie... - Kevin Sikes

Les jours de pluie, je reste au chaud, chez moi. Je suis comme les chats. Aujourd’hui, le temps avait viré à un déluge que je regardais se déverser dans les rues de la ville. Mon émission préférée passait et rien ne m’empêchait de la regarder. Ce samedi soir s’annonçait reposant et tranquille. C’était tout à fait ce que je souhaitais. Je reçus un message sur mon téléphone portable. Trop occupée à essayer de répondre en même temps que les participants que je voyais sur mon écran, je ne lus pas tout de suite ce qui m’était envoyé. Une autre vibration m’informa d’un appel. Je baissais le son de la télévision et je décrochais.

Une voix que je ne reconnus pas immédiatement me demanda de venir au plus vite dans son appartement. L’amie qui m’appelait avait la phobie des araignées, il lui était impossible de dormir, car une de ces monstrueuses créatures, comme elle les appelait, c’était glissée dans son lit. Je lui demandais d’aller voir un voisin qui l’aiderait. Elle me rétorqua qu’elle avait essayé, mais que pas un seul ne lui avait répondu. Elle savait qu’une grande partie des copropriétaires et des colocataires était en vacances pour l’été. Les autres avaient une chambre trop loin de la porte d’entrée et ils ne l’entendaient pas. Nous habitions à deux pâtés de maisons l’une de l’autre. Je me sentais obligée d’y aller. Contrainte par ma bonne conscience, je la prévins de mon arrivée.

Aucun taxi ne circulait dans ma rue peu passagère. Je partis à la course, en me disant que c’était sans doute la meilleure méthode pour celles qui souhaitent maigrir rapidement. Même bien couverte, j’étais glacée, mes chaussettes étaient mouillées. En arrivant dans son logement, je dégoulinais ; elle me fit du café chaud. Puis, elle me montra la raison de ma venue : une araignée aux longues pattes, bien velue, était dans son lit. Elle ne semblait pas vouloir bouger. Elle était vraiment énorme, je comprenais la peur de mon amie. Même moi, je suis pourtant courageuse à leur sujet, je la trouvais particulièrement désagréable à regarder. En ouvrant la fenêtre, je la poussais avec un balai. Mon amie n’avait plus qu’à refaire son lit. L’animal était toujours aussi immobile. Un documentaire animalier m’ayant montré la stratégie de certains insectes qui consiste à faire croire à leur prédateur qu’ils sont morts, je continuais avec prudence à la sortir. Son manque de réaction était trop incroyable. Je m’approchais de plus près pour finalement constater qu’elle était morte depuis longtemps, mais qu’elle avait été conservée avec soin. Une blague des neveux de mon amie, certainement, comme elle me l’expliqua.